Koh Phi Phi, la décadence au paradis
Delphine est de nouveau d'attaque, nous partons donc de Phuket pour nous diriger vers l'île de Koh Phi Phi ("Koh" signifie île en Thai). Il fait une chaleur à crever lorsque nous embarquons sur le bateau pour une longue traversée, en fin d'après-midi nous apercevons enfin l'île paradisiaque dont la silhouette sauvage nous apparait, craquelée de hautes montagnes de pierres au crâne de verdure. Si depuis l'horizon, Koh Phi Phi joue de ses beaux airs d'île inviolée, la réalité est bien différente puisque cette île superbe considérée par beaucoup comme la plus belle de Thailande est également la plus touristique, bien que en grande partie dévastée par le Tsunami de 2004 qui a depuis très largement compromis les infrastructures locales et par conséquent l'affluence. Sous d'obscurs et inquiétants nuages, notre bateau s'amarre finalement près de la plage et nous descendons de bord sous une mousson torrentielle qui nous contraint à trouver rapidement un refuge. Après discussion et palabres avec les rabatteurs des hotels du coin, nous posons enfin bagages dans la guesthouse la moins chère de l'île, tout de même deux fois notre budget prévu par nuit ! Le temps semble encore totalement perturbé par de gros orages et alors que les éclairs délivrent de sacrés tromboscopes à travers la fenêtre, nous nous demandons s'il est judicieux de réserver une ballade en bateau autour de l'île pour le lendemain. Finalement, nous passons la soirée à déambuler dans l'ambiance bizarre et parfois choquante de ce "paradis" décadent isolé au milieu des eaux thailandaises.
La partie habitée de l'île est très réduite et constituée par un dédale de petite rues. Petits boutiques, restaurants, étals modestes aux toits de bâche et ruines de luxueux Resort de l'ère pré-Tsunami se partagent un quadrillage dense aux allures nocturnes de petit marché de village. Depuis le Tsunami, de nouveaux nombreux panneaux d'évacuations ont désormais été prévus en cas de nouveau cataclysme et rappellent que le danger est toujours bel et bien existant. Partout l'alcool coule à flot et de jeunes touristes anglophones (un peu décérébrés...) viennent boire leur portefeuille, achetant de petits seaux de plastiques contenant whisky, vodka, bière, véritables pochettes surprises mises à disposition par les commerçants. La consommation de drogue semble banale, "Marijuana ?" nous proposent sur la plage des thailandais de l'île : les vendeurs de "beigneeeet, chouchooous" sont bien différents ici. Des rues entières de magasins de plongée proposent le PADI comme on vend du poisson tandis qu'ailleurs un quartier entier est empli de cabanes de tatoueurs aux normes d'hygiène plus ou moins respectées, mais qui trouvent toujours un ou deux jeunes touristes saouls à se mettre sous l'aiguille. Au réveil, pour certains les jolis dessins tracés sous la peau de manière parfois approximative doivent parfois être plus difficile à accepter que la veille...
Partout une foule oppressante s'agglutine pour consommer et heureusement pour nous la baie au coucher du soleil est quasi-déserte et reste une véritable bouffée d'oxygène. Nous contemplons assis dans le sable, où les pieds dans l'eau chaude de la marée basse, les longtails boats qui reposent tranquillement dans la lumière dorée décroissante.
Le lendemain matin, nous nous éveillons tôt pour jeter un regard à de nouveaux cieux plus cléments, la teinte quasi-bleu nous fait finalement partir immédiatement à bord d'un longtail boat pour découvrir enfin les trésors cachés de l'île. Avec plusieurs autres touristes, nous remplissons donc un des nombreux "longues queues" en bois flottant près du port, ces étroits bateaux traditionnels thailandais long de plusieurs mètres son propulsés par des moteurs dopés et constituent le moyen de transport le plus pratique pour faire le tour des deux parties de l'île de Koh Phi Phi (un semi-archipel ?) et de ses criques paradisiaques inacessibles. Cette journée nous offre des visions incroyables, entre snorkelling, plages de sable blanc et eaux turquoises transparentes qui nous rappelerons celles du Lake Mackenzie de Fraser Island, en plus salées. La mer est si transparente que depuis le bateau nous pouvons même voir les coraux et les poissons de toutes les couleurs. Nous partons également plus loin découvrir Bamboo Island (véritable île (semi) déserte sur laquelle nous nous plaierons à passer quelque temps), Viking cave (une imposante grotte naturelle rappelant les décors de "Pirate des Caraïbes") et évidemment "LA" plage de "The Beach" (le célèbre film avec Di Caprio), qui malheureusement à marée basse ne fera pas autant réver Delphine que prévu. Moment surprenant: au cours de la journée, Delphine croise Valérie, une parisienne qui était étudiante au même moment qu'elle à l'école d'anglais de Manly, le monde est vraiment petit pour se rencontrer à nouveau, surtout sur la plage quasi-déserte de Bamboo Island !
2010-05-14 02:18:59