Cemoro Lawang, sur les hauteurs du Kawah Bromo
Après une nuit particulièrement reposante, ayant convenablement écrasé nos aventures et transports en folie des jours précédents, nous émergons doucement dans le froid ambiant de la montagne Javanaise. Nous voilà apaisés et surtout parés à admirer la vue sur le Bromo, le célèbre et très touristique volcan de l'île. Sur les coup de 10h, nous découvrons enfin de jour le petit village pittoresque où nous venons de passer la nuit. L'unique rue centrale semble bien vide et l'animation absente, peut-être est-ce le froid que les javanais semble ressentir décuplé, eux qui ne sont pas habitué comme nous les vikings à couettes blondes, à ces températures "glaciales" d'environ 15°C ! La vie à Cemoro Lawang semble bien paisible lorsque le temps de la haute saison touristique n'est pas encore venu et seuls quelques locaux et agriculteurs donnent quelque mouvement aux warung, boutiques et champs qui bordent le petit village. Notre Losmen s'avère ne se trouver qu'à quelques encablures de l'enclos du Bromo. C'est dans un contexte original qu'à émergé le cône fumant du volcan le plus visité et le plus grand de Java encore en activité. En effet, le Bromo est seulement l'un des trois gigantesques pics volcaniques ayant surgi d'une encore plus vaste et vertigineuse Caldeira, plus ancienne cette-fois ci et d'environ 10km de diamètre.
Depuis la maigre barrière en métal qui nous sépare de la falaise, une vue panoramique formidable s'offre à nous, dévoilant la plaine désertique du cratère du massif de Tengger. Depuis le mur à pic, nous observons en contrebas le paysage qui prend des allures de plaine lunaire. Un sentiment de désolation émane de cette mer de lave et de sable, sur laquelle nous ne pouvons guère observer de traces humaines si ce n'est quelques étroites et vagues pistes dessinées par les 4x4 et moto qui emmènent jusqu'au pied du Bromo. Sous un ciel matinal blanc et voilé, le soleil tente de percer et projette difficilement quelques ombres légères et glacées sur les flancs du volcan qui déverse en continue d'immenses volutes de fumée. Seul le bruit du vent et de quelques scooters passant dans le village nous parviennent dans cette atmosphère étrange, évoquant parfois les contrées et reliefs sauvages dont nous avions fait l'expérience en Nouvelle-Zélande. Nous nous laissons le temps de comtempler le spectacle lorque nous apercevons à quelques dizaines de mètres Richie et Kristina, le couple Autrichien rencontré à Sempol. Ceux-ci nous expliquent qu'ils reviennent tout juste de leur escapade matinale en Jeep pour admirer le Bromo au lever du soleil, depuis un point de vue privilégié, perché sur une montagne des alentours. Vaguement satisfaits, nos amis autrichiens nous avouent que cette éniemme attraction touristique est véritablement noire de monde au petit matin, gachant un peu, selon eux, un spectacle qu'il n'est pas forcément plus impressionant d'observer de là-bas que depuis la crète du massif où nous nous trouvons. Les prix sont quant à eux exhorbitant pour notre léger porte-monnaie de "backpacker avec zéro rond" et nous renonçons donc à cette escapade, préférant finalement profiter de cette étape pour nous reposer. Quelques minutes après, le soleil disparait peu à peu derrière les nuages qui s'accrochent dans les hauteurs de Cemoro Lawang. Bientôt, nous nous trouvons emballés dans un coton humide aux nuances orageuses parfois grises et dépressionnaires. Une ambiance d'hiver s'installe sur les reliefs comme dans nos coeurs qui d'un coup ne rêvent que de raclettes, coin du feu et jeux de société, les bons atouts élaborés intelligemment pour contrecarrer les plans de cette météo "glauque".
Nos deux journées à Cemoro Lawang sont finalement deux journées cocooning, passées au chevet du Bromo dont nous observons un matin l'apparition éclatante aux premiers rayons du soleil, dissipant les brumes endormies dans la plaine désertique. Le temps est à la tempête, la pluie, et le village perdu dans les nuages, et dans notre miteuse mais chaleureuse petite chambre très bon marché chez l'habitant, nous préférons nous serrer sous la couette et regarder des films. Certes, le rythme du voyage ralentit, mais parfois ça fait vraiment du bien...
2010-05-02 23:58:35