Sempol, au coeur des plantations de café
Première nuit à Java... L'île étant musulmane, nous sommes bien évidemment reveillé vers 5 heures du matin par le Muezzin qui appelle à la prière à l'aide de chants litaniques, véritablement interminables à l'aube il faut le dire. Heureusement que nous sommes très fatigué et retombons donc très rapidement dans les bras de Morphée. Le matin est bien installé lorsque nous descendons jusqu'au restaurant de l'hotel pour attendre avec impatience le petit déjeuner "inclus", qui se révele malheureusement très décevant... Clive commre prévu la veille se joint à nous afin que nous organisions notre départ le plus tôt possible pour Sempol.
Il est finalement 10h lorsque nous quittons tous les trois l'hotel, le sac accroché lourdement sur le dos. Nous prenons pour la première fois les bejaks (pousse-pousse à vélo) qui le temps d'une virée mémorable et vraiment typique, nous conduisent jusqu'au terminal central des bemos. Quelques minutes plus tard nous voilà enfin dans un mini-bus pour Sempol...
La route commence fortement à se dégrader (voir ne plus exister du tout) et plus nous grimpons dans la montagne, plus le moteur a l'air d'expirer définitivement à chaque passage de vitesse. C'est donc après 2 heures de nids de poule et de sauts au plafond (heureusement capitonné du bemo) que nous arrivons enfin dans le joli village de Sempol au pied du Kawah Ijen qui trône à quelques kilomètres à l'horizon. Le volcan est célèbre pour le gigantesque lac acide qu'il abrite mais aussi pour sa souffrière et les porteurs de souffres qui continuent chaque jour d'y exercer l'un des métiers les plus difficiles au monde dans les conditions extrèmement dangereuses des vapeurs du cratère. Le paisible village de Sempol jouit lui d'une économie plutôt prospère grâce à la culture du café dont les vastes plantations recouvrent une grande partie des terres alentours. Les rues sont calmes et bien entretenues, les routes bordées de jardinières fleuries et les habitants très accueillants, cultivent tous très soigneusement un petit carré de potager devant leur porte. Le petit village semble très autonome notamment grâce aux cultures abondantes de fruits et légumes également produits dans la région, et qui profitent pleinement des terres volcaniques naturellement très fertiles. Nous voilà donc dans ce qui nous apparait comme un petit paradis naturellement isolé, nous laissant sur le visage un joli sourrire. Nous sommes à priori les seuls étrangers ici, et l'atmosphère est incroyablement reposante. L'air est quant à lui bien plus pur que les fumées de pot d'échappement et l'agitation des grandes villes telles que Bondowoso que nous avons quittés le matin même.
Nous posons nos sacs dans l'unique homestay du coin : l'Arabica homestay qui se situe au coeur des plantations de café. Là encore nous constatons que nous sommes les seuls touristes (mais où sont-ils donc tous passés ?). Forts notre nouvelle équipée à trois avec Clive, nous prenons finalement une chambre à trois qui nous revient moins chère à tous. Cela s'avère en effet plus pratique pour nous tous qui souhaitons nous lever très tôt le lendemain pour nous rendre au poste avançé au pied du Ijen à quelques kilomètres de là et enfin gravir le volcan. Il est déjà presque 13h et nous faisons donc une petite balade dans la ville à la recherche d'une petite table locale où manger. Sur le chemin, tous les enfants viennent à notre rencontre, les habitants nous saluent à leur passage. Au bout de quelques minutes nous trouvons enfin un lieu où déjeuner, quelques javanais sont déjà attablés, certains l'air ereinté, tirant avidement sur leurs cigarettes. A la vue de leurs doigts et vêtements jaunis par la poussière du souffre, nous comprenons qu'il s'agit des fameux porteurs qui redescendent chaque jour vers midi, lorsque l'exploitation de la souffrière devient impossible à cause du nuage de souffre qui stagne au coeur du cratère. Ceux-là nous dévisagent et semblent parfois se payer notre tête de touriste, eux qui travaillent dans les conditions physiques les plus dures qui soient. Nous échangeons quelques mots avec eux sur les moyens de locomotions ici pour nous rendre jusqu'au Pos Paltuding, le poste de contrôle au pied du volcan. A l'extérieur du Warung, sur l'unique route qui traverse Sempol jusqu'au Ijen, nous commençons à appercevoir un défilé de gros camions qui descendent de la montagne fûmante, des porteurs de souffres juchés sur le dessus.
Lorsque nous ressortons de la petite échoppe après un nasi-goreng pimenté, nous constatons que notre solitude au coeur de la montagne n'aura été qu'éphémère, nous rencontrons un mini-bus privé rempli de touristes français qui se dirigent vers notre Homestay dans les plantations... Nous décrouvrirons plus tard que ce ne sont malheureusement pas les seuls à être arrivés durant notre déjeuner, l'auberge compte maintenant une dizaine de clients venus ici comme nous pour grimper en haut du Kawah Ijen aux aurores le lendemain. Si l'ambiance est maintenant bien différente, elle n'en est pas moins très sympathique et nous discutons tout un moment avec les nouveaux arrivants, un couple de britannique de Isle of Man, un couple d'autrichien en tour du monde, cinq françaises ostéopathes et un graphistes nantais en vacances et un couple de russes voyageurs au long cours... Il est temps pour nous de profiter du café Arabica produit par la plantation : l'or noir javanais local est un véritable délice de parfum et de douceur... Ici le breuvage se sert bien dense laissant un important dépot au fond de la tasse après dégustation. Durant le reste de l'après-midi, nous partons tous les deux en amoureux le temps d'une petite ballade dans les quartiers des travailleurs de la plantation. Nous apercevons les champs de fraises (l'une des production les plus importantes ici avec le café) avant de regagner la homestay à la nuit tombée. Tout le monde est attablé sur la petite terrasse du restaurant de l'auberge, et nous nous passons tout le reste de la soirée à Diner et discuter avec Clive, Slava et Natalia. Le couple de Russe partage avec nous ses nombreuses expériences de voyages, eux qui reviennent juste d'une nuit passé à camper sur les rives du lac d'acide au coeur du cratère : de vrais aventurier. Nous parlons surtout beaucoup de photographie, Slava est un véritable amateur semi-professionnel avec un matériel de compétition que ce soit photo et vidéo et nous livrent quelques uns de ses plus beaux clichés pris ces derniers jours. Nous discutons également plus longuement avec le groupe de jeunes ostéopathes, ayant toutes étudié à Nantes que nous connaissons bien. Nous découvrons même de fil an aiguille, que Anaïs, l'une des fille du petit groupe, était dans la même promo qu'Alex, l'un de nos meilleurs amis de longue date : le monde est vraiment petit ! Delphine en profite au passage pour se faire faire une petite séance gratuite pour sa cheville foulée, sous les doigts spécialistes de l'Ostéopathe en chef et sous l'oeil attentif du reste de l'équipe qui donne son avis sur la question.
La soirée avançe et nous nous rendons compte que nous n'avons toujours pas organisé la logistique pour notre transport à 4h du matin le lendemain pour Pos Paltuding, le point d'accès au volcan Ijen. Nous parvenons finalement à nous arranger avec le couple d'autrichien, Richie et Kristina qui ont eux pris l'option "tour" réservé avec le fameux Leo du port de Ketapang, que nous avions rencontré deux jours auparavant. Ces derniers voyagent uniquement à deux dans le grand mini-van avec chauffeur qu'ils ont payé plein pot, et nous proposent de nous joindre à eux le lendemain matin en accord avec leur chauffeur. Parfait ! Nous partons finalement nous coucher afin de grapiller les quelques heures qui nous restent avant le départ très tôt le matin, ou très tard dans la nuit, ca dépend du point de vue.
2010-04-30 23:52:42