Une journée en scooter au Pura Ulun Danu Bratan
Deuxième journée à Munduk débutant sous le soleil balinais qui malheureusement ne restera que que le temps pour nous de trouver une nouvelle homestay pour la nuit (la notre étant full). Nous déménageons donc dans une chambre bon marché plus haut sur la rue, un peu trop miteuse (littéralement) mais nous relativisons, ce n'est que pour une nuit et ça nous permet de faire des économies ! Aujourd'hui nous projetons de partir visiter les alentours, mais Munduk étant perdu dans la montagne, il est nécessaire de trouver un moyen de locomotion : pas évident. Les prix pratiqués par les taxis à la journée sont exhorbitants, aucun bemo en vue, nous décidons donc après une grande discussion entre nous sur les risques et les dangers de la route indonésienne d'opter pour l'option Scooter. Nous voilà parti pour vivre le rêve inavoué de tout ado boutonneux qui se respecte et qui du plus profond de sa voix enrouée par la mue de ses quinze ans annonce : "J'veux un Scoooter". Oui on veut un scooter ! A priori aucune agence locale de location en vue, et pourtant il nous suffit de nous pointer à la premier guesthouse du coin pour qu'un gentil balinais qui passait par là nous propose de louer son propre scooter, quitte à redevenir un simple piéton pour la journée. Malgré une absence cruciale de permis auto, c'est pourtant Henri qui se met au guidon, une première pour lui ! Nous sommes donc très prudents au départ sur les routes de montagnes difficiles à souhait : pentues, sinueuses, humides, glissantes et embrumées mais heureusement désertes de la campagne de Munduk. Au bout d'une dizaine de minutes, et un petit arrêt pour faire le plein dans une pseudo-station essence (comprendre une étagère avec des bouteilles de gazole), Henri est un vrai as de la conduite. Le long de la route nous admirons les gros paquets bleus d'Hortensia, la fleur odorante est l'objet de l'une des plus importante production de la région. Sur le trajet, nous faisons un petit coucou aux singes agglutinés le long de la route entre deux esquives de bemos en furie : niveau traffic local on doit nécessairement jouer beaucoup du klaxon aux abords des villes...
Après 35 minutes de route, nous arrivons enfin dans la ville de Bedugul où se trouve le temple du Pura Ulun Danu Bratan, joli temple installé paisiblement sur les rives du lac Bratan (au pied du volcan du même nom). Bien que le temps soit à tendance pluvieuse, nous avons la chance de profiter de quelques de quelques éclaircies plutôt clémentes et nous assistons ravis à la grande cérémonie qui se tient aujourd'hui dans le temple. Partout à Bali, ce jour est conscacré à la mémoire des personnes défuntes et des familles entières de balinais se parent de costumes somptueux et colorés pour se retrouver dans les lieux sacrés. Chacun ramène alors offrandes, fleurs et nourriture en pagaille afin de combler grassement l'esprit des proches décédés récemment ou même depuis des dizaines d'années. Ces âmes selon l'histoire, reviennent sur notre bonne vieille terre pour quelques heures seulement et comptent donc bien profiter de toutes les belles victuailles amenés à cet effet par les balinais. Cette cérémonie, nous a raconté Wayan, fait parti comme souvent à Bali, de cycles plus vastes appelant de nouvelles étapes et tout autant de cérémonie supplémentaires, espacées selon un calendrier spirituel très précis. Nous sommes impressionnée par le spectacle et par la beauté des visages ambré éclairés d'une pincée de riz blanc collée sur le fronc. Quelques minutes plus tard, un air de musique retenti et attire notre regard, un concert de musique traditionnelle, prend place sous un hall. Les musiciens cognent délicatement sur de plus ou moins grands gongs de métal, dans des mélodies aux harmoniques singulières et litaniques. Plus loin, entre chaque prière, les jeunes et les moins jeunes se réunissent pour pêcher dans le lac... Les sarongs blancs et les sourires éclairés défilent sur les berges et près des murs des temples. C'est un véritable jour de fête...
Après une petite pause déjeuner-internet, nous revoici sur le scooter en direction d'un marché aux fruits réputé qui se trouve non loin de là. Dès notre arrivée, nous aperçevons les étalages colorés et parfumés par les montagnes de fruits qui s'y trouvent. Ca sent l'acide, le sucré et parfois le pourri de tous les fruits exotiques de ces régions sub-équatoriales. Les allées du marchés se mèlent également de senteurs d'épices, la cannelle, le cumin, le piment et la citronnelle nous titillent les narines. Près d'un des étals, nous nous faisons interpeller en français par une jeune commerçante ( cette dernière ayant apris le français uniquement au contact des touristes... Impressionant), qui nous propose une petite dégustation de fruits. Nos papilles découvrent ainsi le goût de fruits exotiques dont nous peinerons à nous souvenir des noms locaux (Pomone nous viendra certainement en aide à notre retour)... Bref, un sacré florilège de goûts et de textures, et tout autant de manière de consommer le fruit, nous essayons donc le Mangoustan, dont les pétales de la bogue suggèrent le nombres de quartiers dans le fruit, différentes variétés semblant dérivées des Lychees comme le Longan, certains ont une peau d'écailles de serpent marrons ressemblant à des sortes de figues (le Salak), d'autres plus pépineux comme la Tamarille et bien d'autres évidemment... L'après-midi touche cependant à sa fin et nous décidons donc de retourner vers Munduk. Malheureusement, le temps vire à la pluie tropicale et c'est donc avec les pleins-phares et les K-ways que nous reprenons la route en sens inverse, dans le crépuscule naissant de la fin de journée. Le trajet du retour est plus rapide que prévu et nous en profitons pour faire un tour dans les environs en profitant encore de notre autonomie de déplacement retrouvée et ainsi découvrir les villages du coin où les rizières et arbres géants bordent la route. Nous sommes enfin de retour à Munduk une demi-heure avant que le soleil ne se couche et nous rendons le scooter à notre sympathique loueur qui nous attendait patiemment (ou peut-être pas) dans sa petite maison avec sa femme et son jeune enfant. Finalement, nous sommes sacrément fiers de nous et surtout satisfaits de cette première expérience en Scooter balinais vécue sans aucun problème. Nous regagnons alors dans la soirée notre petite chambre, dans laquelle l'humidité et le froid se sont très largement installés.
2010-04-27 23:37:06