Sanur et la côte Sud-Est
Sanur, sur la côte Est est l'ancienne ville balnéaire du sud de Bali, devenue maintenant voisine moins bruyante de la très australienne mecque du surf et des nightclubs balinais. Nous débarquons aux heures les plus chaudes dans la ville, et trouvons rapidement une homestay agréable pratiquant des prix raisonnables. Durant le reste de l'après-midi nous flânons le long de la côte, découvrant un nombre impressionnant de resorts et d'hotels de luxe qui n'en finissent pas de se succéder au bord de la plage. La partie de la côte près de la ville a malheureusement délaissé son sable noir originel au profit d'un sable jaune plutôt sale amené artificiellement afin de rendre la côte plus praticable au niveau du tourisme et des plagistes. En remontant vers le nord, à quelques kilomètres, nous retrouvons la vieille plage qui étale sa bande sombre jusqu'à l'horizon, séparée de celle de Sanur par un simple brise-lame qui marque la frontière. Cette séparation marque également une différence visible entre la plage entretenue et nettoyée pour le tourisme et celle laissée à la merci de la pollution de l'île et de ses habitants. De plus, si les balinais sont animistes et effectuent le plus souvent leurs offrandes directement dans la nature, ils ne semblent pas se préoccuper des conséquences environnementales et de l'empreinte laissée par leur intense spiritualité. Ainsi, si la plupart des petits paniers à offrandes sont réalisés en palmier tressé et donc biodégrables, on trouve tout de même bon nombre de petits présentoirs en plastiques, et autres produits dérivés accessoires qui viennent inélucablement joncher les plages de la côte.
Si le contraste entre la plage artificielle est évident, il en est également de même pour les paysages... Dans les campagne, les abris de fortune en taules et vieilles planches ont succédés aux resorts luxueux, et l'on nous dévisage maintenant systématiquement alors que nous continuons notre marche toujours plus haut le long de la mer. Nous observons la côte balinaise avec ses boui-boui de misère, ses enfants mendiants mais jamais avare de sourires malicieux. Plus loin, une dizaine de personne sont réunies sur la plage dans le cadre d'une cérémonie d'offrandes à la mer... Triste réalité de la pollution maritime auquelle nous étions confronté quelques instants auparavant, nous les observons à la fin de leur magnifique rituel, rendre à la mer et détruire les autels amenés ici pour l'occasion. Toutes les offrandes et accessoires du rituel pratiqué se retrouvent alors à la merci des vagues auxquelles ils sont dédiés, aidés allègrement par des bandes d'enfant qui se saisisse des structures en bois ainsi que d'un canard(!), pour leurs jeux aquatiques.
Plus loin, dans un village aux allures de véritable bidon-ville, nous rentrons intrigués dans un vieux café Karaoké local qui braille n'importe comment une chanson indonésienne, nous extirpant un sourire incontrolable alors que nous atteignons ensuite un impressionant building en ruine et ses paillottes annexes : un resort touristique fantôme sans doute abandonné et détruit par les années.
Enfin, nous arrivons près d'un petit temple près de la mer, non loin de là sur la plage, des balinais se nettoient et se frottent vivement avec du sable tout en récitant des prières. La "mère" semble être ici au centre de toutes les attentions spirituelles... Les regards qu'on nous lançent sont plutôt non-avenant, nous les intrus du Sud, les riches habitants de la zone des Resort... Le soir tombant, nous nous esquivons donc bientôt discrètement sur le chemin du retour, baignés par la lumière du coucher de soleil qui se pose sur les rizières face à la mer. Les bahamatas, les pirogues / voiliers traditionnelles balinaises colorées et aux visages peints défilent sur l'eau, menées par les pêcheurs qui viennent dans la soirée retirer quelques poissons de l'eau. Sanur s'endort dans l'ambiance triste et inanimée des plages de la ville, désertes par l'absence de touristes : subite et imprévisible conséquence du nuage de cendres qui paralyse actuellement l'espace aérien de l'Europe et indirectement l'économie de cette île à l'autre bout du monde dont les occidentaux sont le principal moteur.
2010-04-22 23:23:58