Premières impressions balinaises à Ubud
Nous voilà débarquons en plein coeur de Bali, à l'aéroport de Denpasar au Sud de la très bondée Kuta... Nos visas on Arrival en main, achetés à coup de derniers Dollars Australiens non-transformés en Roupiah indonésiennes pour l'occasion, nous sortons dans la torpeur nocturne baignée d'humidité. Près des grilles, une foule interpellante de centaines et centaines de chauffeurs de taxi et bemo venu comme chaque soir pour tenter de grapiller quelques clients dans le flot continu de voyageur se déversant des avions des derniers vols de la journée. Là un indonésien de taille moyenne tient une pancarte avec écrit en gros noir sur blanc "HENDRY", on comprend évidemment tout de suite qu'il s'agit de Dewa, le contact de notre hôte Darwinienne Robyn... Nous voilà donc complètement pris en charge en cette heure tardive dans la cohue des transports de Denpasar, nous dirigeant vers Ubud avec Dewa au volant et son ami Sana, afin de passer la nuit dans la Homestay de la belle-mère de Dewa. Arrivés sur place, nous posons les sacs dans une jolie chambre en bois, l'odeur de l'humidité nous dévore presque les narines mais la fatigue et le souvenir de certains logements dans lesquels on a pu passer la nuit ces derniers mois font qu'on ne se permet plus trop de faire la fine bouche. Le prix nous refroidit quand même un peu, pas si bon marché comparé à ce que nous attendions... le hic, si nous sommes des amis de Robyn, nous n'avons pas son compte en banque, nous prévoyons donc le lendemain de partir ailleurs pour chercher une homestay moins chère. En attendant, notre sommeil est de plomb sur les draps moites de notre belle chambre.
Nous restons finalement 2 nuits et 2 jours de plus à Ubud, durant lesquels nous prenons le temps de nous laisser séduire par la vie balinaise, nous balladant entre deux pluies tropicales anormalement fortes pour la saison, et profitant des risières, temples bouddhistes ou hindouistes, marchés et autres Monkey Forests des alentours. Nous comprenons également comment le sourire des balinais, leur hospitalité et leur incroyable spiritualité ont pu hisser la petite île au rang de "coeur touristique" de l'Indonésie. La vie est ici ponctuée de centaines de petites offrandes (quelques grains de riz posés sur une feuille de banane suffisent parfois) et cérémonies d'échelle plus ou moins importante. Niveau commerce, tout se négocie, si bien qu'on développe des astuces récurrentes pour grapiller un peu sur les prix qui ont à priori doublés voir triplés depuis quelques mois et la crise économique dont les balinais se servent intelligemment auprès des touristes pour booster leur chiffre d'affaires. Durant ces quelques premiers jours en Indonésie, nous avons aussi (et surtout) l'occasion de déguster la fameuse cuisine locale dont les Nasi-Goreng, Mie-Goreng, Gado-gado, Satay et d'autres bien sur aux noms balinais imprononçables. Comme toujours, c'est dans les vieux Woks qu'on fait les meilleurs riz sautés, et la Bintang, la bière locale se prête plutôt bien à ces tables indonésiennes. De même les incroyables petits déjeuners colorés et fruités d'Ananas, papaye, pastèque, etc... auront mille-fois l'occasion de séduire nos papilles gustatives.
Dans notre nouvelle Homestay "super cheap, super sympa, super p'ti dèj'" de Kabera et tenue par notre généreuse hôte Tenuk, nous faisons la rencontre de Tony, Sophie, Nadège et Fred, deux frères dans la trentaine venus ici en couple ensemble pour les vacances, trois mois pour l'un, deux semaines pour l'autre. Dans un petit resto local, nous dînons tous ensemble et Tony et Sophie nous raconte un peu leur tour du monde de 15 mois effectué l'année dernière. Le témoignage de retour à la vie parisienne du couple, tous deux étant au chômage ou enchaînant des interims depuis leur retour, nous fait un peu froid dans le dos... Ceux-ci nous avouent que c'est d'ailleurs pour ça qu'ils sont aujourd'hui de retour à Bali pour un petit break, après une réflexion simple : pourquoi dépenser autant à Paris sans travailler alors que durant ce laps du temps ils pouvaient continuer à voyager ? Certains crieront au délit de fuite, d'autres concèderont qu'ils faut parfois préférer la facilité à la morosité... De notre côté, on espère conserver un moral d'acier en vue de notre réhabilitation à la vie de travailleurs parisiens. Nous passons un moment très sympathique, discutant de Ubud, de l'envolée des prix qu'ils constatent en revenant ici après 1 an. Nous nous balladons à la nuit tombée en mangeant une glace, "Tiens ici c'est marrant, avant il y avait un boui-boui, maintenant ils ont construit un gros resto à touriste" : Ubud n'est à priori plus le petit patelin isolé et authentique d'autrefois... Mais bon nous tombons tout de même sous son charme typiquement balinais.
2010-04-21 23:21:06