Overland Track - Jour 1 : Cradle Mountain to Waterfall Valley
Nous arrivons enfin à Cradle Mountain, après avoir traverser le village de Sheffield, scènes pittoresques de montagnes où nous croisons un étonnant montagnard à la barbe jaune, le visage rougeoyant de l'air vif de l'altitude, assis à la terrasse d'un café avec son bouquetin tenu en laisse. Nous prenons nos Overland Track Pass au Visitor Center et après avoir régler pour une dernière fois les sacs, nous prenons à 13h le bus shuttle pour Ronnie Creek, le départ de l'Overland Track. La première journée est réputée pour être la plus difficile, car elle passe par le pied de Cradle Mountain et comporte un dénivellé de près de 700m. Notre petit groupe du bus de Launceston est éparpillé sur la piste. Il fait chaud et la journée est magnifique, bon signe pour le début de cette nouvelle aventure. La piste traverse de superbes étendues de ButtonGrass, des petites touffes d'herbes robustes, aux teintes jaunes-vert-oranges, escaladons parfois à travers des veines rocheuses où nous nous aidons des mains et en haut des quelles nous admirons des lacs de montagnes en vision panoramique. Sur le chemin, nous passons quelques instants dans une portion de forêt aux cascades duveteuses dont l'air ombragé est rafraichissant. Arrivés au pied de la montagne sèche de Cradle Mountain, nous atteignons enfin le refuge d'urgence de Kitchen Hut, une petite cabane de trappeur tasmanien, où nous nous autorisons une pause eau / graines. Nous reprenons la route qui longe maintenant Cradle Mountain sur le flan Ouest où nous avons la chance de pouvoir observer un Echidné, qui à priori essayait de se fondre dans le paysage des buttongrass en nous tournant le dos... raté ! Continuons notre première marche plutôt éreintante, durant laquelle en fin d'après-midi nous contournons enfin Cradle Mountain pour apercevoir des terres plus humides, nous sommes aux portes de la Waterfall Valley. La piste de bois sans défaut du début n'est plus, et nous évoluons maintenant sur une piste de caillasse glissante, la terre semble être un gigantesque réservoir d'eau, eau qui filtre un peu partout à travers les buissons et la végétation qui devient de plus en plus verte à mesure que nous descendons dans la vallée. Delphine est sur les rotules lorsque nous atteignons enfin la Waterfall Valley Hut, complexe de refuge allant du plus ancien au plus moderne, où nous trouvons une banquette en bois libre, pour y dérouler nos tapis de sol. L'endroit est magique au coucher du soleil, face au mont éffilé du Barn Bluff illuminé de rouge, les mottes d'herbe moussues et échevelées prennent des teintes vertes-orangées, la brume du couchant s'élève et les silhouettes de milliers d'insectes bourdonnant s'agitent près des cabanes en bois. Il est vraiment agréable de se poser là, les pieds nus sur la mousse vert émeraude, encore toute humide des pluies précédentes qui font de la région une véritable éponge naturelle. Un wombat, notre premier observé à l'état sauvage (!) vient même nous rendre visite. Si nos pieds sont douloureux, nos épaules et notre dos souffrent également de cette marche de 10km aux dénivellés cassant, effectuée avec environ 17kg de sac à dos chacun. Préparons le dîner avant que la nuit tombe, couscous-thon diététhique ! et discutons avec un couple américain-coréen... Nous commençons à connaitre un peu tout les autres trekkeurs, partis sur le même départ que nous. Alors qu'un Ranger nous recense pour cette première étape assez cruciale, nous constatons qu'un couple d'israéliens, sympas mais un peu bourrus, visiblement mal préparés pour le trek lorsque nous les avons croisés plus tôt dans la journée, ne sont toujours pas arrivés au refuge. Mystère... Au crépuscule, une procession de lampes frontales de toutes les couleurs serpente sur les allées de bois posées sur la vallée en direction des réservoirs d'eau de pluie et toilettes à compost. Le couple d'israélien débarquent enfin à 20h30, il fait déjà nuit noire et tout le monde se prépare déjà à se coucher pour se lever tôt le lendemain. Alors que tout le monde dort, nos amis retardataires, totalement à contre-courant, commençent à cuisiner des plats aux fortes odeurs, ambiance "les bronzés font du ski". Toute la hutte attend donc pacifiquement que le bruit cesse vers 23h pour enfin parvenir à trouver le sommeil, vie en communauté par toujours au goût de tout le monde. Le froid se fait sentir, 1°C durant la nuit.
2010-02-25 15:36:23