Launceston et préparatifs pour l'Overland Track
Après un lever très matinal à 5h30, nous replions la tente encore dans la nuit, quelques instants avant que le soleil ne se montre sur l'horizon de la mer de Tasmanie et chasse les nuages et la brume accrochée aux falaises de la côte. La silhouette dramatique de The Nuts dort et nous berce encore de toute sa noirceur. La lumière est douce et ambrée lorsque nous quittons stanley dans le bus de ramassage scolaire avec tous les écoliers du coin habillés de leurs uniformes bleu ciels. Uniquement vétus de petits shorts, jupes plissés et chemises à manches courtes, les jeunes de Stanley semblent être immunisés depuis la naissance contre le vent froid qui balaye la région et qui nous, nous force à mettre polaires et K-Way. Rattrapons un peu de sommeil, Terry le tatoué de notre bus de l'aller est toujours au volant... Après une pause petit-déj et shopping en quête de gants et bonnets de laine à Burnie, nous changeons de bus pour Launceston. C'est donc au total après 5h de trajet, que nous retrouvons la grande ville, bruyante, chaude, aux effluves de goudrons et de pots d'échappements. Marche fatiguante jusqu'au backpackers où crevés, nous posons nos sacs dans nos chambrées respectives, et nous trouvons malheureusement séparés par les dortoirs qui s'avèrent être non-mixtes. Peu importe... nous ne rêvons que d'un bon lit et de repos pour le moment. L'après-midi nous partons dans le centre de Launceston, et dérivons vers les Cataract Gorges, merveilleux site géologique naturel bordant la ville à l'Ouest. Là-bas une rivière traverse une impressionnante gorge rocailleuse et nous longeons les falaises démantelées par les eaux, jusqu'à un bassin d'eau douce, lac naturel où viennent se baigner les habitants de Launceston pour se rafraichir. Ambiance de montagne, et repos sur l'herbe jusqu'au soir.
Rentrés au backpackers, nous faisons la connaissance de quelques autres voyageurs vraiment sympas, un suisse, un belge, un anglais, et une française avec qui nous dînons en partageant nos expériences de voyages et nos perspectives à venir dans l'hémisphère sud. Le temps passe si vite, que nous oublions presque que notre trek sur l'overland track commence le lendemain, nous nous empressons donc de courir au Woolworth le plus proche et achetons l'équivalent d'une semaine de nourriture pour survivre dans la vie sauvage Tasmanienne. Sur notre liste: 1kg de semoule, 8 sachets de soupes, 10 parts de nouilles instantanées, 3 sachets de thon en sauce, 4 sachets de concentré de tomate, 8 nans indiennes, des bouillons cubes, du chocolat en poudre, 1kg de muesli et 2kg de fruits secs et graines en tout genre, etc... Nous voilà plutôt éloigné d'un séjour gastronomique, mais surtout bien parés pour une semaine d'effort physique avec un maximum d'aliment à hydrater, l'eau étant facilement accessible tout au long du trek. Nous déballons tous nos achats afin de limiter le poids des packaging inutiles et polluants et prenons bien soin de tout ré-emballer dans des dizaines de sachets zip étanches, ce qui nous permettra de faire face à la météo variable qui sévit dans les hauts reliefs. Jusqu'à tard dans la soirée, nous répartissons donc notre butin d'écureuil dans nos sacs à dos, optimisant la moindre charge inutile et tentant d'établir entre nous une balance équitable du poids à transporter.
Faisons la connaissance de nos copains de chambrées, un français et un Melbournien super sympas, mais surtout deux coréens revenant tout juste de l'Overland Track et qui commence à mettre la pression en racontant leur expérience : pluie, froid et températures négatives, dénivellés abruptes et poids des sac à dos. Petite frayeur lorsqu'ils disent qu'ils mourraient de faim sur le trek, et qu'ils pensent que nous n'auront pas assez de nourriture.... Cool ! Ca promet niveau aventure, mais nous pensons être plutôt bien équipés et préparés physiquement avec nos précédentes pérégrinations et cela ne fait qu'accentuer notre excitation du départ. Toujours dans le rush comme d'habitude, notre linge est loin d'être sec et nous squattons donc les sèches-mains des salles de bains pour terminer le travail du soleil. Trouvons le sommeil une fois les sacs bouclés et le matériel rangé, la nuit est courte mais tellement plus reposante que dans la tente.
2010-02-24 15:28:16