Stanley, The Nuts et camping près de la plage
Au matin, nous découvrons que la tempête est enfin passée : malgré le vent toujours saillant, le ciel bleu annonce une journée magnifique. Après avoir laissé la chambre qui nous a bien réchauffé durant cette nuit glaciale, nous nous dirigeons vers l'office du tourisme afin de déposer nos sacs pour la journée et reserver notre bus pour le lendemain. Le dos et le coeur plus léger, nous partons nous promener jusqu'aux ruines de l'autre côté de la plage. En longeons la bande de sable blanc déserté par la mer, nous prenons le temps d'admirer The Nuts et le paysage baigné de soleil pour enfin nous atteindre les ruines d'anciens baraquements de convicts, veille pierres isolées, témoignage du passé coloniale du XIXe siècle et maintenant vestiges perdus dans les pâturages face à la mer de Tasmanie. Nous continuons notre marche jusqu'à la visite du site historique de la colonie où un paon nous accueille. Au retour, nous croisons sur la plage une procession de petits crabes bleus, des centaines et des centaines d'entre eux migrant vers les mares d'eau salées laissées derrière par la mer retirée. Nous observons la multitude de petits points s'affolant autour de nos pieds et s'enterrant dans le sable à toute vitesse dès que nous dépassons une certaine limite. Depuis la plage, nous remarquons un petit parc idéal pour planter la tente, avec toilettes et surtout la mer en panoramique, au pied de l'incroyable verrue volcanique de The Nuts. Retournous enfin vers la ville pour nous ballader dans les petites rues typiques du nord de la Tasmanie, les petites maisons faites de planches de bois et aux couleurs pastels nous évoquent des visions d'Islande. La partie nord-ouest de la Tasmanie est si vierge et dérobée par le vent que nous nous croyons parfois dans le nord de l'europe, rupture brutale avec les 34°C de Melbourne... Après un déjeuner frugal mais agréable dans un café de Stanley où nous dégustons une pie locale de scallop au curry (noix de St Jacques), nous nous décidons à attaquer l'ascension de The Nuts qui culmine à 170 mètres. Nous nous refusons évidemment à emprunter un télésiège qui semble presque à l'arrêt tant il est lent et dont le prix nous aurait de toute façon refroidi et grimpons sur la pente ardue.
Du sommet de The Nuts, sur notre promontoire naturel, la visibilité sur la côte est impressionante, nous observons même au loin Wynyard et Table Cape où nous dormions juste la veille. Nous découvrons le parc national juché sur le plateau perché, dans lequel de petit wallabies grouillent littéralement à travers les broussailles, pas vraiment effarouchés par les visiteurs grimpeurs. Redescendons enfin et nous posons tranquillement dans le parc face à la mer, réchauffés par le soleil de l'après-midi qui compense la fraîcheur du vent, nous prenons la lumière en contemplant les hautes herbes dorées qui dansent autour de nous.
Escale à l'IGA, seul supérette de la ville, et escapade à fleur de mer sur les rochers bordant The Nuts avant de pique-niquer sur l'herbe au coucher de soleil. Nous rencontrons une paire de vagabonds, promeneur nu pieds, semblant ne pas craindre le froid du vent, campeurs sauvages dans le parc depuis une semaine. Nous montons la tente avant le crépuscule, abritée par un arbre et un buisson feuillu, le sol d'herbe grasse rend notre couche moelleuse et douillette. A la nuit tombée, la lune éclate littéralement ses reflets dans l'eau et projette nos ombres portées sur le sable. Nous discutons avec un couple de Sydneysiders d'une cinquantaine d'année, grands voyageurs et véritables amoureux de la Tasmanie ayant silloné l'île australienne durant une quinzaine de voyage plus ou moins long. Nous restons là à échanger tout un moment ensemble, guettant les little pinguins (les même que ceux de Manly) qui daignent enfin se montrer sur le sable. A seulement deux mètres de nous, deux d'entre eux contemplent l'horizon, notre présence ne semblent pas les inquiéter. Nuit froide dans la tente, et vent assassin mais les piquets tiennent bon !
2010-02-23 10:22:22