Art contemporain...
pres avoir arpenter sans relâche les rues de la ville, nous nous accordons un peu de temps pour découvrir la scène culturelle melbournienne à travers quelques expositions.C'est donc par une belle journée, à nouveau sous l'emprise d'une chaleur etouffante, que nous gagnons le musée d'art contemporain où se tient une retrospective de Ron Mueck, le plasticien Australien dont nous avions raté de peu l'exposition à Paris. Ron Mueck est lui même originaire de Melbourne et est passé maître dans la création de sculptures hyperréaliste de figures humaines, qui nous parlent de notre solitude d'humain, de notre rapport au corps et à la veillesse, et de manière plus globale de la métaphysique de notre être. Impressions fortes face à ces liliputiens ou géants d'humain que l'on croient prêt à remuer ou respirer à tout moment : nous tournons autour d'un homme barbu immense à l'âge indevinable, nu et assis sur une chaise avec l'air paniqué et les muscles crispés, ailleurs un nouveau né de 5m de long semble tout juste sorti du ventre de sa mère et s'impose dans la galerie de toute sa sueur et de ses bras potelés. Nous observons amusés le rapport étrangement intense qui s'établit entre chaque pièce et le visiteur: les corps sculptées à la sillicone semblent ici tellement réels et vraisemblables ; Mais c'est surtout la vulnérabilité de ces derniers qui frappent en premier lieu et qui les rend à la fois touchant et dérangeant. Nous filons ensuite dans un batiment quelques centaines de mètre plus loin où se tient un festival d'art numérique orienté environnement. Nous nous amusons dans les installations interactives toutes plus poëtiques les unes que les autres: une vieille machine à écrire dont des petite bêtes surgissent et viennent se nourrir du texte que vous venez de taper, un mur d'ombre chinoise dans lequel une pluie d'ordure vient s'abattre sur la silhouette des visiteurs qui se débattent litteralement afin de se débarasser des detritus virtuel collés à leurs membres, une scanner géant qui stocke des photos des visiteurs collés à une vitre et réduit à une simple empreinte de surface... Bref, une très belle sélection d'oeuvres à la fois immersives et ludiques qui abordent les questions d'écologie et d'environnement dans la provocation de nouvelles expériences. Nous profitons ainsi toute la matinée de la vie artistique incroyablement riche qui s'organise ici et qui manquait quelque peu à la ville de Sydney ou nous avons passés les 4 derniers mois.
2010-02-20 10:19:47